Bienvenue dans le jardin de la Villa du Verger. Ici, nous cohabitons avec une faune préservée. Lors de votre séjour, ouvrez l'œil, vous croiserez sûrement...
Toutes les photos ont été réalisées avec mon smartphone (un Google Pixel 9a) pour la plupart dans le verger et pour certaines lors des ballades de notre chien Looping dans Valergues ou la forêt de Valergues. Dans le verger, aucun pesticide, des zones vierges avec des herbes hautes pour qu'année après année, la nature s'installe et foisonne d'espèces variées. La biodiversité reprend naturellement sa place.

Appelée aussi abeille européenne ou abeille à miel, elle est en train de faire le plein de nectar et de pollen sur une inflorescence de menthe poivrée du jardin. Les abeilles adorent les petites fleurs de la famille des Lamiacées, surtout en plein été !
C'est une abeille sauvage solitaire, posée sur une fleur de scabieuse. Elles creusent généralement leur nid directement dans le sol sablonneux ou la terre battue.


Ils adorent le romarin du jardin à cette période et arborent cette douce couleur rousse sur tout le corps.
On rencontre cette remarquable pollinisatrice dès le début du printemps sur les premières fleurs, comme sur celle du cognassier du jzrdin, comme on peut le voir ici.


En pleine séance de contorsionnisme dans une fleur de glaïeul sauvage. Les bourdons adorent ce genre de fleurs à long tube. Ils rentrent carrément dedans pour atteindre le nectar tout au fond, se frottant au passage aux étamines pour faire le plein de pollen.
Facile à reconnaître avec ses longues pattes qui traînent en vol et son abdomen élancé, la Guêpe poliste gauloise est une habituée discrète et utile de nos jardins méditerranéens . Bien moins agressive que la guêpe commune, elle ne défend son nid — un petit rayon d’alvéoles ouvertes, souvent caché sous une tuile ou une feuille — que si on le perturbe . Au jardin, c’est une alliée précieuse : elle butine les fleurs, contribuant ainsi à la pollinisation, et chasse mouches et chenilles pour nourrir ses larves, participant à l’équilibre naturel sans nuisance . Loin du nid, elle ne pique pratiquement jamais et mérite d’être observée avec curiosité plutôt qu’avec crainte .
À noter : comme beaucoup de guêpes, les polistes peuvent être attirées par les odeurs de viande (ici un reste de mon gras de bœuf) et de protéines lors des repas en plein air, surtout en été, quand la colonie a besoin de nourrir ses larves carnivores. Elles ne sont pas là pour vous embêter, mais simplement en quête de nourriture — un petit morceau posé à l’écart de votre assiette suffit souvent à les satisfaire sans conflit.


Bien qu'il ait des couleurs ternes qui rappellent les papillons de nuit (hétérocères), c'est bien un papillon de jour (rhopalocère). On le croise surtout en été, virevoltant près du sol ou se posant sur les troncs dans les clairières et les lisières de forêts.
La Belle-Dame est un papillon migrateur exceptionnel. Chaque année, des générations successives parcourent des milliers de kilomètres depuis l'Afrique subsaharienne jusqu'au nord de l'Europe. Celle-ci, photographiée en juin sur du kikuyu, est probablement issue des vagues nées au printemps en Europe ou en Afrique du Nord.


C'est un papillon infatigable qui passe ses journées à virevolter au-dessus des herbes hautes. La netteté de la prise de vue permet vraiment d'apprécier la finesse de ses écailles.
Un champion de la sobriété environnementale : contrairement à d'autres papillons exigeants, sa chenille se nourrit de graminées très communes (pâturin, houlque, fétuque). C'est la preuve vivante qu'il n'y a pas besoin de plantes exotiques ou rares pour maintenir une biodiversité riche : de l'herbe haute suffit.
L'ami du jardinier écoresponsable : son abondance dépend directement des pratiques de gestion paysagère. Un espace qui pratique la fauche tardive ou réserve de zones d'herbes folles verra ses populations de Myrtils exploser, offrant une observation concrète de l'impact positif du « laisser-faire » au jardin.
Un bouclier visuel fascinant : l'ocelle (le « faux œil » noir à point blanc) situé à l'extrémité de l'aile sert d'appareil de leurre. Un oiseau prédateur aura tendance à attaquer ce faux œil plutôt que le corps vulnérable du papillon, lui permettant de s'échapper avec juste un bout d'aile en moins.
Un baromètre de la santé des sols et des prairies : sensible aux insecticides et à la fauche systématique avant la ponte, sa présence régulière indique une prairie sainement gérée et exempte de produits chimiques.
Thermorégulation astucieuse : vous le verrez très souvent posé ailes fermées en plein soleil, orienté de manière à maximiser ou minimiser l'exposition de ses ailes sombres selon la température ambiante.


Un matin, j'ai eu une chance extraordinaire de tomber sur une rareté absolue et l'un des insectes les plus légendaires d'Europe ! Il s'agit du célèbre Sphinx tête-de-mort (env. 6,5 cm) tranquillement posé sur le mobilier de jardin. C'est un papillon de nuit géant de la famille des Sphingidae.
Voici pourquoi cet insecte fascine et impressionne depuis des siècles :
Lorsqu'il se sent menacé, il peut émettre un petit cri ! Le sphinx tête-de-mort est l'un des rares papillons capables de produire un sifflement ou un couinement aigu très audible en expulsant de l'air par sa trompe.
Elle adore se gorger de pollen et de nectar. On la trouve souvent, comme ici, enfoncée au cœur des grandes fleurs ouvertes (ici une Gazania du jardin).
Si c'est une bonne pollinisatrice, elle est parfois un peu brute et a tendance à grignoter les organes reproducteurs des fleurs (les étamines et les pistils), voire les pétales, ce qui agace parfois les jardiniers (notamment sur les roses ou les arbres fruitiers).
Ses larves, en revanche, adorent le compost et le terreau de feuilles mortes où elles participent activement à la décomposition de la matière organique, tout comme leurs cousines les grosses cétoines dorées.


Contrairement aux mouches domestiques classiques, les femelles de cette famille ont la particularité d'être ovovivipares : elles ne pondent pas des œufs, mais directement des petites larves mobiles sur les matières en décomposition. Dans la nature, elles jouent un rôle crucial de "nettoyeuses" de l'écosystème !
Famille des Calliphoridae, et très probablement du genre Lucilia (comme Lucilia caesar ou Lucilia sericata). Moins poétique que les bourdons, mais l'éclat de sa carapace reste fascinant à observer de près !


C'est la star absolue du potager et de la garrigue. On la trouve presque toujours sur les ombelles de plantes de la famille des Apiacées (les Ombellifères comme le fenouil sauvage, la carotte sauvage ou ici le persil/la coriandre en boutons). Elle adore s'y installer en plein soleil à la fin du printemps pour en sucer la sève et les graines en formation à l'aide de son rostre. Le contraste entre son armure géométrique rouge/noire et le rose très tendre de la plante en dessous est magnifique !
Originaire des régions tropicales, mais désormais très bien installée dans le sud de la France, elle adore le soleil du mois de juin. Elle utilise son rostre pour piquer les végétaux et se nourrir de leur sève. Au potager, elle est particulièrement friande de tomates et d'aubergines !


En été, devenues adultes et capables de voler, ce sont elles qui animeront vos fins de journées avec leur stridulation continue et très puissante depuis le sommet des buissons !
Variation de couleur : alors que l'adulte est généralement gris-brun
ou jaunâtre pour se fondre dans la roche et l'écorce, la larve est d'un
vert pomme très vif (elle peut aussi être jaunâtre ou brune selon le
milieu). On le voit ici sur le côté barbecue noir.
Développement des ailes : à ce stade, les ailes ne sont pas
encore formées. On distingue seulement de petits fourreaux alaires sur
le dos.
Critères d'identification majeurs :
Comportement : on le croise en été (particulièrement en juillet/août), arpentant la végétation avant d'accomplir sa dernière mue pour devenir un adulte capable de passer l'hiver.
Contrairement à la majorité des criquets et sauterelles de nos régions qui passent l'hiver sous forme d'œufs et naissent au printemps, le criquet égyptien, lui, passe l'hiver à l'état adulte.

C'est l'une des plus grandes espèces de criquets que l'on peut croiser en France (notamment dans le Sud). Il se prélasse au soleil près du puits;
Contrairement à la majorité des criquets et sauterelles de nos régions qui passent l'hiver sous forme d'œufs et naissent au printemps, le criquet égyptien, lui, passe l'hiver à l'état adulte.
Dès les premiers beaux jours de mars et avril, il sort de sa torpeur et adore venir se plaquer contre les murs ensoleillés (comme ici sur le crépi et cette ferronnerie) pour emmagasiner de la chaleur. Totalement inoffensif et solitaire, il n'a rien à voir avec les criquets pèlerins ravageurs d'Afrique.


Sur la table sous la tonnelle, la grande cigale du dessus vient tout juste de terminer sa transformation. Elle arbore sa livrée d'adulte avec de superbes ailes translucides aux nervures très marquées et ses grands yeux globuleux. On distingue même trois petits points rouges brillants sur le front, entre ses deux gros yeux : ce sont ses ocelles (des yeux simples qui lui servent à capter les variations de lumière).
L'exuvie juste en dessous : La "coque" marron et vide suspendue en bas est son ancienne enveloppe de nymphe, appelée une exuvie. Cette nymphe a passé plusieurs années sous terre à sucer la sève des racines avant de sortir à l'air libre à la mi-juin. Elle a grimpé sur le mobilier de jardin, et s'est solidement ancrée, puis sa carapace s'est fendue dans le dos pour laisser s'échapper la cigale ailée que vous voyez au-dessus.
Ce sont des fourmis granivores. Elles récoltent les graines de graminées, les ramènent au nid, les décortiquent grâce aux ouvrières Major, puis les broient pour en faire du "pain de fourmi" dont se nourrit la colonie.


Il s'agit d'un groupe très répandu de libellules de taille moyenne. Elles sont très actives près des points d'eau, mais aussi dans les jardins et les zones ensoleillées.
C'est la version "adolescente" (et vorace) de la Coccinelle à sept points, photograpiée sur la chaise de jardin.
Une machine à dévorer : Si l'adulte mange beaucoup de pucerons, cette larve est un véritable ogre en pleine croissance. Elle passe ses journées à arpenter les tiges à la recherche de colonies de pucerons, capable d'en engloutir des dizaines par jour à elle seule.
D'ici peu, elle va s'immobiliser, se transformer en chrysalide, pour enfin donner naissance au petit coléoptère rouge à pois noirs.

Sous ce petit dôme orange taché de noir, l'insecte est littéralement en train de se liquéfier et de se réorganiser pour former les ailes, les pattes et les élytres de l'adulte.
Dans quelques jours, la coque s'ouvrira pour laisser sortir la coccinelle adulte (elle sera toute jaune et molle les premières heures, le temps que sa carapace durcisse et prenne ses couleurs définitives).

Il s'agit de l'espèce de coccinelle la plus commune et emblématique d'Europe. C'est une vorace prédatrice de pucerons, tant à l'état de larve qu'à l'état adulte (elle peut en dévorer jusqu'à une centaine par jour). C'est le meilleur insecticide naturel que vous puissiez avoir dans votre jardin !


Il est surnommé affectueusement par certains l'insecte « cuisses de grenouille ». C’est un grand amateur de pollen et de nectar. Au printemps, il adore s’installer sur les grandes fleurs bien colorées (chardons, marguerites, ombelles) pour s'en nourrir, se dorer au soleil et y chercher une partenaire.
Le gecko le plus célèbre et le plus commun du pourtour méditerranéen sur mon pied !
Des doigts magiques : Regardez la forme de ses doigts élargis à leur extrémité. Ils sont recouverts en dessous de milliards de poils microscopiques (les setae) qui créent des forces physiques (les forces de Van der Waals). C'est ce qui lui permet de courir au plafond, sur du verre lisse ou, comme ici, à la verticale sur du plastique sans aucun problème.
Le détail insolite : Si vous observez attentivement la base de ses pattes arrière et ses flancs, on devine de minuscules points rouges. Ce sont de petits acariens parasites (du genre Geckobia), très spécifiques aux geckos, qui s'accrochent souvent là où la peau est fine. Rien d'inquiétant pour elle, c'est très courant dans la nature !
Totalement inoffensive, c'est la colocataire parfaite pour les soirées d'été, puisqu'elle chasse les moustiques, les papillons de nuit et... les mouches à damier à la lumière des lampes extérieures !


La "fourrure" ventrale : Si vous regardez juste en dessous de sa tête et au niveau des pattes, on aperçoit une pilosité rousse très dense. C'est une caractéristique classique chez cette famille de scarabées. Photo prise de nuit sur le grand touret du jardin.
Ses larves adorent le bois en décomposition et le terreau des composts où elles passent plusieurs années à grandir. L'adulte, lui, ne vit que quelques semaines en été, ne se nourrit presque pas, et consacre toute son énergie à la reproduction. Totalement inoffensif, malgré son allure de blindé, c'est une sacrée rencontre nocturne de jardin !
C'est une espèce extrêmement typique des milieux secs et ensoleillés du Sud de la France.
En fin de printemps et pendant l'été, le sol méditerranéen devient une véritable fournaise. Pour éviter de finir "cuit" sur la terre brûlante, cet escargot grimpe au sommet des tiges de plantes mortes ou d'herbes folles. Il y trouve un air un peu plus frais et échappe à la chaleur rayonnante du sol.
Le mode "veille" (l'estivation) : Une fois perché, il sécrète une fine membrane de bave séchée (appelée un épiphragme) pour boucher hermétiquement l'entrée de sa coquille. Cela lui permet de sceller l'humidité à l'intérieur et de passer tout l'été à dormir à l'abri de la déshydratation, en attendant les pluies de l'automne.
Le look en spirale : Sa coquille claire, crème ou blanche, est souvent ornée de fines lignes spirales brunes plus ou moins marquées. Cette couleur claire n'est pas un hasard : elle sert à réfléchir la lumière du soleil (comme les maisons blanches dans le Sud) pour ne pas accumuler la chaleur.
Ils font souvent cela en groupe, et il n'est pas rare en se promenant de voir des tiges littéralement "grappées" par des dizaines de ces petits escargots blancs.


C'est une petite araignée de la famille des Araneidae, la même famille que la grande épeire diadème, mais en version miniature et flashy.
Un camouflage de feuillage : Avec son abdomen (le "gastre") d'un vert chartreuse ou jaune vif très éclatant, elle passe totalement inaperçue lorsqu'elle se tient au milieu des feuilles vertes ou des bourgeons au printemps.
Les petits points noirs : Si vous regardez attentivement le dessus de son abdomen, on distingue de minuscules points noirs alignés par paires (souvent 4 ou 5 paires). Ce sont des sortes de fossettes musculaires internes, typiques de ce genre.
Contrairement aux grandes épeires qui tendent d'immenses toiles au milieu du passage, l'Épeire concombre préfère tisser une toute petite toile orbiculaire, souvent tendue horizontalement entre deux feuilles ou sur un buisson bas. Elle y attend patiemment les petits insectes volants, comme les pucerons ailés ou les petites mouches. Elle est totalement inoffensive pour nous, mais c’est une excellente gardienne pour les plantes !
La posture du crabe : On voit parfaitement ses deux premières paires de pattes, beaucoup plus longues et robustes que les pattes arrière, grandes ouvertes. Elle adopte exactement cette posture pour cueillir au vol les insectes pollinisateurs (abeilles, papillons, syrphes) qui viennent butiner la fleur.
Comme toutes les araignées-crabes (Thomisidae), elle ne tisse pas de toile. Elle mise tout sur son mimétisme et la puissance foudroyante de son venin pour paralyser des proies parfois deux à trois fois plus grosses qu'elle.


C'est un adulte (imago). On le confond très souvent avec une libellule, mais c'est un insecte totalement différent (ordre des Névroptères). Photo prise sur la moustiquaire de la fenêtre.
Le saviez-vous ? Si l'adulte ressemble à une créature gracile, sa larve est un redoutable prédateur trapu qui creuse des entonnoirs dans le sable sec pour y piéger les fourmis qui glissent au fond !
Venez observer en vrai cette nature foisonnante, en fonction des saisons, lors d'une halte à la Villa du Verger.
Et pourquoi pas, compléter cet inventaire !