Notre Guide de la Biodiversité : Observer la nature à la Villa du Verger

Bienvenue dans le jardin de la Villa du Verger. Ici, nous cohabitons avec une faune préservée. Lors de votre séjour, ouvrez l'œil, vous croiserez sûrement...
Toutes les photos ont été réalisées avec mon smartphone (un Google Pixel 9a) pour la plupart dans le verger et pour certaines lors des ballades de notre chien Looping dans Valergues ou la forêt de Valergues. Dans le verger, aucun pesticide, des zones vierges avec des herbes hautes et année après année la nature s'installe et foisonne d'espèces variées. La biodiversité reprend naturellement sa place.

Abeille domestique des ruches

Abeille domestique (ou abeille européenne, Apis mellifera).

Abeille sauvage solitaire

Andrène de la scabieuse (Andrena hattorfiana)

C'est une abeille sauvage solitaire, posée sur une fleur de scabieuse. Elles creusent généralement leur nid directement dans le sol sablonneux ou la terre battue.

L'Osmie rousse (Osmia bicornis) ou un Bourdon des champs (Bombus pascuorum)

Ils adorent le romarin à cette période et arborent cette douce couleur rousse sur tout le corps.

Anthophore à pattes rousses (Anthophora plumipes)

C'est une excellente pollinisatrice que l'on croise dès le début du printemps sur les premières fleurs, comme ici sur une fleur de cognassier.

Bourdon

Bourdon (genre Bombus)

En pleine séance de contorsionnisme dans une fleur de glaïeul sauvage. Les bourdons adorent ce genre de fleurs à long tube. Ils rentrent carrément dedans pour atteindre le nectar tout au fond, se frottant au passage aux étamines pour faire le plein de pollen.

Lépidoptère / Papillon

Papillon de jour genre Hipparchia

Bien qu'il ait des couleurs ternes qui rappellent les papillons de nuit (hétérocères), c'est bien un papillon de jour (rhopalocère). On le croise surtout en été, virevoltant près du sol ou se posant sur les troncs dans les clairières et les lisières de forêts.

Belle-Dame (appelée aussi Vanesse du chardon, de son nom scientifique Vanessa cardui).

La Belle-Dame est un papillon migrateur exceptionnel. Chaque année, des générations successives parcourent des milliers de kilomètres depuis l'Afrique subsaharienne jusqu'au nord de l'Europe. Celle que vous avez photographiée en juin est probablement issue des vagues nées au printemps en Europe ou en Afrique du Nord.

Demi-deuil (Melanargia galathea)

C'est un papillon infatigable qui passe ses journées à virevolter au-dessus des herbes hautes. La netteté de la prise de vue permet vraiment d'apprécier la finesse de ses écailles.

Cétoine

Cétoine grise (appelée aussi Cétoine funeste, de son nom scientifique Oxythyrea funesta)

Elle adore se gorger de pollen et de nectar. On la trouve souvent, comme ici, enfoncée au cœur des grandes fleurs ouvertes (ici une Gazania). 

Si c'est une bonne pollinisatrice, elle est parfois un peu brute et a tendance à grignoter les organes reproducteurs des fleurs (les étamines et les pistils), voire les pétales, ce qui agace parfois les jardiniers (notamment sur les roses ou les arbres fruitiers).

Ses larves, en revanche, adorent le compost et le terreau de feuilles mortes où elles participent activement à la décomposition de la matière organique, tout comme leurs cousines les grosses cétoines dorées.

Diptères (l'ordre des mouches)

Mouche à damier (souvent appelée aussi Mouche grise de la viande, du genre Sarcophaga)

Contrairement aux mouches domestiques classiques, les femelles de cette famille ont la particularité d'être ovovivipares : elles ne pondent pas des œufs, mais directement des petites larves mobiles sur les matières en décomposition. Dans la nature, elles jouent un rôle crucial de "nettoyeuses" de l'écosystème !

Hémiptères (les punaises)

Graphosome italien (Graphosoma italicum), plus poétiquement surnommé la Punaise arlequin.

C'est la star absolue du potager et de la garrigue.  On la trouve presque toujours sur les ombelles de plantes de la famille des Apiacées (les Ombellifères comme le fenouil sauvage, la carotte sauvage ou ici le persil/la coriandre en boutons). Elle adore s'y installer en plein soleil à la fin du printemps pour en sucer la sève et les graines en formation à l'aide de son rostre. Le contraste entre son armure géométrique rouge/noir et le rose très tendre de la plante en dessous est magnifique !

Nymphe (au dernier stade de développement) de la Punaise verte ponctuée (Nezara viridula)

Originaire des régions tropicales mais désormais très bien installée dans le Sud de la France, elle adore le soleil du mois de juin. Elle utilise son rostre pour piquer les végétaux et se nourrir de leur sève. Au potager, elle est particulièrement friande de tomates et d'aubergines !

Orthoptères

Nymphes de la Grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima)

En été, devenues adultes et capables de voler, ce sont elles qui animeront vos fins de journées avec leur stridulation continue et très puissante depuis le sommet des buissons !

Criquet égyptien (Anacridium aegyptium)

C'est l'une des plus grandes espèces de criquets que l'on puisse croiser en France (notamment dans le Sud).

Contrairement à la majorité des criquets et sauterelles de nos régions qui passent l'hiver sous forme d'œufs et naissent au printemps, le Criquet égyptien, lui, passe l'hiver à l'état adulte.

Dès les premiers beaux jours de mars et avril, il sort de sa torpeur et adore venir se plaquer contre les murs ensoleillés (comme ici sur le crépi et cette ferronnerie) pour emmagasiner de la chaleur. Totalement inoffensif et solitaire, il n'a rien à voir avec les criquets pèlerins ravageurs d'Afrique.

Cigale

Cigale grise (Cicada orni), aussi appelée la Cigale de l'orne

La grande cigale du dessus vient tout juste de terminer sa transformation. Elle arbore sa livrée d'adulte avec de superbes ailes translucides aux nervures très marquées et ses grands yeux globuleux. On distingue même trois petits points rouges brillants sur le front, entre ses deux gros yeux : ce sont ses ocelles (des yeux simples qui lui servent à capter les variations de lumière).

L'exuvie juste en dessous : La "coque" marron et vide suspendue en bas est son ancienne enveloppe de nymphe, appelée une exuvie. Cette nymphe a passé plusieurs années sous terre à sucer la sève des racines avant de sortir à l'air libre à la mi-juin. Elle a grimpé sur le mobilier de jardin, s'est solidement ancrée, puis sa carapace s'est fendue dans le dos pour laisser s'échapper la cigale ailée que vous voyez au-dessus.

Formicidae

Ouvrière du genre Messor, très probablement la célèbre Fourmi moissonneuse (Messor barbarus ou Messor capitatus)

Ce sont des fourmis granivores. Elles récoltent les graines de graminées, les ramènent au nid, les décortiquent grâce aux ouvrières Major, puis les broient pour en faire du "pain de fourmi" dont se nourrit la colonie.

Libellules

Sympetrum (communément appelés "Sympétrums" ou "Darters" en anglais

Il s'agit d'un groupe très répandu de libellules de taille moyenne. elles sont très actives près des points d'eau, mais aussi dans les jardins et les zones ensoleillées

Coccinelle

Larve de la Coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata)

C'est la version "adolescente" (et vorace) de la Coccinelle à sept points

Une machine à dévorer : Si l'adulte mange beaucoup de pucerons, cette larve est un véritable ogre en pleine croissance. Elle passe ses journées à arpenter les tiges à la recherche de colonies de pucerons, capable d'en engloutir des dizaines par jour à elle seule.

D'ici peu, elle va s'immobiliser, se transformer en chrysalide, pour enfin donner naissance au petit coléoptère rouge à pois noirs.

Nymphe (ou chrysalide) de coccinelle

Sous ce petit dôme orange taché de noir, l'insecte est littéralement en train de se liquéfier et de se réorganiser pour former les ailes, les pattes et les élytres de l'adulte.

    D'ici quelques jours, cette coque s'ouvrira pour laisser sortir la coccinelle adulte (qui sera d'ailleurs toute jaune et molle dans les premières heures, le temps que sa carapace durcisse et prenne ses couleurs définitives).

    Coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata)

    Il s'agit de l'espèce de coccinelle la plus commune et emblématique d'Europe. C'est une vorace prédatrice de pucerons, tant à l'état de larve qu'à l'état adulte (elle peut en dévorer jusqu'à une centaine par jour). C'est le meilleur insecticide naturel que vous puissiez avoir dans votre jardin !

    Coléoptère

    Coléoptère mâle de l'Œdémère noble (Oedemera nobilis)

    Il est surnommé affectueusement par certains l'insecte « cuisses de grenouille ». C’est un grand amateur de pollen et de nectar. Au printemps, il adore s’installer sur les grandes fleurs bien colorées (chardons, marguerites, ombelles) pour s'en nourrir, se dorer au soleil et y chercher une partenaire.

    Gecko

    Tarente de Mauritanie

    Le gecko le plus célèbre et le plus commun du pourtour méditerranéen.

    Des doigts magiques : Regardez la forme de ses doigts élargis à leur extrémité. Ils sont recouverts en dessous de milliards de poils microscopiques (les setae) qui créent des forces physiques (les forces de Van der Waals). C'est ce qui lui permet de courir au plafond, sur du verre lisse ou, comme ici, à la verticale sur du plastique sans aucun problème.

    Le détail insolite : Si vous observez attentivement la base de ses pattes arrière et ses flancs, on devine de minuscules points rouges. Ce sont de petits acariens parasites (du genre Geckobia), très spécifiques aux geckos, qui s'accrochent souvent là où la peau est fine. Rien d'inquiétant pour elle, c'est très courant dans la nature !

      Totalement inoffensive, c'est la colocataire parfaite pour les soirées d'été puisqu'elle chasse les moustiques, les papillons de nuit et... les mouches à damier à la lumière des lampes extérieures !

      Coléoptère

      Mâle du Scarabée rhinocéros européen (Oryctes nasicornis)

      La "fourrure" ventrale : Si vous regardez juste en dessous de sa tête et au niveau des pattes, on aperçoit une pilosité rousse très dense. C'est une caractéristique classique chez cette famille de scarabées.

      Ses larves adorent le bois en décomposition et le terreau des composts où elles passent plusieurs années à grandir. L'adulte, lui, ne vit que quelques semaines en été, ne se nourrit presque pas, et consacre toute son énergie à la reproduction. Totalement inoffensif malgré son look de blindé, c'est une sacrée rencontre de jardin !

      Escargot

      Escargot des dunes (aussi appelé Cagouille ou plus scientifiquement Theba pisana). 

      C'est une espèce extrêmement typique des milieux secs et ensoleillés du Sud de la France.

      En fin de printemps et pendant l'été, le sol méditerranéen devient une véritable fournaise. Pour éviter de finir "cuit" sur la terre brûlante, cet escargot grimpe au sommet des tiges de plantes mortes ou d'herbes folles. Il y trouve un air un peu plus frais et échappe à la chaleur rayonnante du sol.

      Le mode "veille" (l'estivation) : Une fois perché, il sécrète une fine membrane de bave séchée (appelée un épiphragme) pour boucher hermétiquement l'entrée de sa coquille. Cela lui permet de sceller l'humidité à l'intérieur et de passer tout l'été à dormir à l'abri de la déshydratation, en attendant les pluies de l'automne.

      Le look en spirale : Sa coquille claire, crème ou blanche, est souvent ornée de fines lignes spirales brunes plus ou moins marquées. Cette couleur claire n'est pas un hasard : elle sert à réfléchir la lumière du soleil (comme les maisons blanches dans le Sud) pour ne pas accumuler la chaleur.

        Ils font souvent cela en groupe, et il n'est pas rare en se promenant de voir des tiges littéralement "grappées" par des dizaines de ces petits escargots blancs.

        Arachnides

        Épeire concombre (genre Araniella cucurbitina)

        C'est une petite araignée de la famille des Araneidae, la même famille que la grande épeire diadème, mais en version miniature et flashy. 

        Un camouflage de feuillage : Avec son abdomen (le "gastre") d'un vert chartreuse ou jaune vif très éclatant, elle passe totalement inaperçue lorsqu'elle se tient au milieu des feuilles vertes ou des bourgeons au printemps.

        Les petits points noirs : Si vous regardez attentivement le dessus de son abdomen, on distingue de minuscules points noirs alignés par paires (souvent 4 ou 5 paires). Ce sont des sortes de fossettes musculaires internes, typiques de ce genre.

        Contrairement aux grandes épeires qui tendent d'immenses toiles au milieu du passage, l'Épeire concombre préfère tisser une toute petite toile orbiculaire, souvent tendue horizontalement entre deux feuilles ou sur un buisson bas. Elle y attend patiemment les petits insectes volants comme les pucerons ailés ou les petites mouches. Totalement inoffensive pour nous, c'est une excellente gardienne pour les plantes !

        Araignée-crabe verte (plus précisément la Thomise verte, Heriaeus hirtus ou Heriaeus melloteei)

        La posture du crabe : On voit parfaitement ses deux premières paires de pattes, beaucoup plus longues et robustes que les pattes arrière, grandes ouvertes. Elle adopte exactement cette posture pour cueillir au vol les insectes pollinisateurs (abeilles, papillons, syrphes) qui viennent butiner la fleur.

        Comme toutes les araignées-crabes (Thomisidae), elle ne tisse pas de toile. Elle mise tout sur son mimétisme et la puissance foudroyante de son venin pour paralyser des proies parfois deux à trois fois plus grosses qu'elle.

        Venez observer en vrai cette nature foisonnante, en fonction des saisons, lors d'une halte à la Villa du Verger !

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